mai 3, 2016

Une vague mondiale d’actions pour nous libérer des énergies fossiles commence

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Pour diffusion immédiate

Le 3 mai 2016

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Le plus vaste mouvement de désobéissance civile de l’histoire en faveur de l’environnement et du climat.

INTERNATIONAL – À partir d’aujourd’hui et pendant 12 jours, une vague mondiale d’actions de masse déterminées et pacifiques ciblant les projets de combustibles fossiles les plus dangereux du monde déferlera sur les six continents sous le nom de Libérons-nous des énergies fossiles (« Break Free »). Aujourd’hui, des centaines de personnes débuteront la série d’actions en bloquant la plus grande mine à ciel ouvert du Royaume-Unis. L’une des actions phare se déroulera également en Allemagne du 12 au 16 mai: des milliers de personnes sont attendues dans les plus grandes mines de lignite à ciel ouvert.

2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et des citoyens de toute la planète ressentent déjà les effets du changement climatique. De la montée du niveau de la mer aux ouragans d’une violence inouïe, tout indique qu’il n’a jamais été aussi urgent de s’attaquer réellement au problème du dérèglement climatique. L’industrie fossile traverse qui plus est une crise sans précédent due à l’effondrement des prix, à un désinvestissement massif, au nouvel accord climatique international et à un mouvement pour la justice climatique en plein essor. Le moment est parfaitement choisi pour procéder à une transition socialement juste vers un système énergétique propre.

Pour saisir cette occasion, des activistes et des citoyens mobilisés et décidés à s’attaquer aux racines du dérèglement climatique (qu’il s’agisse de groupes internationaux, de communautés locales ou de citoyens) feront cause commune. Leur but sera de maintenir la pression pour contraindre l’industrie fossile, ainsi que les gouvernements locaux et nationaux, à mettre en œuvre les politiques et les nouveaux investissements nécessaires pour nous libérer complètement des énergies fossiles.

Les peuples de la planète, conscients de l’ampleur de la tâche à accomplir pour atténuer les effets de la crise climatique, assurent un leadership indispensable en intensifiant leurs actions dans le cadre d’une désobéissance civile pacifique d’envergure mondiale. Ils exigent notamment que les gouvernements aillent au-delà des engagements pris lors de l’Accord de Paris signé en décembre à Paris.

Alors que les énergies renouvelables sont plus abordables et répandues que jamais, les projets de combustibles fossiles doivent être abandonnés et les infrastructures existantes être remplacées pour résoudre la crise climatique actuelle et contenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C. La seule solution est de laisser le charbon, le pétrole et le gaz sous terre et d’accélérer la transition vers une énergie 100 % renouvelable. Libérons-nous des énergies fossiles est l’occasion pour les citoyens du monde entier de veiller à la réalisation de ces objectifs.

Les actions organisées entre le 3 et le 15 mai comprennent les actions suivantes :

Australie : le 8 mai, plus de 600 personnes se réuniront à Newcastle, dans le plus grand port charbonnier du monde. Elles y démontreront leur volonté de faire du climat un thème central des élections à venir et de poursuivre la résistance au charbon, quel que soit le nouveau premier ministre.

Brésil : des actions seront organisées dans trois régions du pays. Une foire rurale se tiendra à Maringa du 5 au 15 mai ; le 6, elle accueillera un important rassemblement appelant à interdire la fracturation hydraulique. À Toledo, des milliers de personnes participeront à une action de masse contre la fracturation hydraulique le 7 mai. Le 14, une marche et une action de désobéissance civile de masse cibleront une centrale à charbon située à Pecém, dans l’État de Ceará.

Canada : les 13 et 14 mai, des centaines de personnes passeront à l’action sur terre et sur l’eau à Vancouver. Elles s’opposeront au projet de pipeline provenant des sables bitumineux de Kinder Morgan Transmountain en encerclant le terminal de Westridge Marine.

Équateur : une action est organisée le 14 mai par Yasunidos. Elle rassemblera des citoyens venus de tout le pays pour demander l’arrêt de l’exploitation du pétrole et protéger le parc national de Yasuni.

Allemagne : au cours du week-end du 13 au 15 mai, des milliers d’activistes sont attendus en Lusace. Ils prendront part à une action de désobéissance civile pour bloquer les excavations dans l’une des plus grandes mines de lignite à ciel ouvert d’Europe, que l’entreprise suédoise Vattenfall a mis en vente. L’action montrera aux acheteurs potentiels que tout développement des activités houillères suscitera une résistance, et manifestera l’engagement du mouvement contre l’industrie fossile.

Indonésie : une action de masse réunira des milliers de personnes au palais présidentiel de Jakarta le 11 mai. L’action comptera sur la participation de bon nombre de communautés à la tête de la résistance contre les projets charbonniers dans tout le pays. La mobilisation exigera du président Joko Widodo qu’il révise son ambitieux plan énergétique de 35 000 mégawatts, en abandonnant le charbon pour libérer le potentiel des énergies renouvelables. Une ou plusieurs actions se dérouleront quelques jours plus tard sur le site de projets d’infrastructures charbonnières.

Nouvelle-Zélande : du 4 au 15 mai, des centaines de personnes venues de tout le pays passeront à l’action pour paralyser les opérations de l’une des principales sources de financement (sous forme d’investissements et de prêts) de l’industrie fossile du pays, la banque ANZ. Des blocus, des actions de perturbation des activités et des détournements culturels seront organisés du nord au sud du pays.

Nigéria : dans le delta du Niger, les actions se dérouleront dans trois sites symboliques pour mettre en évidence ce qui se passe une fois que les gisements se tarissent et qu’il ne reste à la communauté que la pollution générée par l’enrichissement de l’industrie fossile. Une action en territoire ogoni exigera le nettoyage immédiat de la pollution pétrolière déversée pendant des dizaines d’années et montrera aux citoyens comment résister au pouvoir des compagnies pétrolières, en les forçant à laisser le pétrole à sa juste place, c’est-à-dire sous terre. La dernière action sera organisée sur la côte atlantique, où les pêcheries et les moyens de subsistance des populations côtières sont fréquemment touchés par les fuites des puits en mer d’Exxon.

Philippines : le 4 mai, des opposants au charbon provenant de tout le pays se rassembleront à l’occasion d’une marche climatique visant à mobiliser 10 000 personnes à Batangas City. C’est en effet dans cette ville, et plus précisément à Barangay Pinamucan Ibaba, que JG Summit Holdings compte bâtir une centrale à charbon de 600 mégawatts s’étendant sur 20 hectares.  Les participants exigeront l’annulation de la construction de cette centrale au charbon, ainsi que des 27 autres projets de centrale aux Philippines.

Afrique du Sud : deux actions réunissant chacune des centaines de personnes attireront l’attention sur les impacts locaux du charbon et du changement climatique. Pour la première, qui se tiendra le 12 mai, les participants se rassembleront à Witbank, l’une des villes les plus polluées au monde, pour dénoncer les effets du dérèglement climatique. La deuxième, prévue le 14 mai, se focalisera sur la résidence de la famille Gupta, située à Saxonwold (Johannesburg).

Turquie : des personnalités locales de premier rang seront à la tête d’une action de masse à Aliağa le 15 mai, sur le site d’un site de stockage de résidus charbonniers, pour appeler à renoncer à 4 projets de centrales à combustibles fossiles dans les environs. Cette action fédèrera les luttes contre les centrales pour dénoncer les projets énergétiques de la Turquie, qui veut étendre considérablement l’utilisation du charbon au sein de ses frontières.

Royaume-Uni : le réseau Reclaim the Power rassemblera des centaines de personnes le 3 mai, dans la plus vaste mine de charbon à ciel ouvert du Royaume-Uni, celle de Ffos-y-fran (près de Merthyr Tydfil, Galles du Sud). L’action aura lieu quelques jours à peine avant les élections de l’Assemblée nationale du pays de Galles, fixées le 5 mai. L’Assemblée a adopté un moratoire sur l’exploitation des mines de charbon à ciel ouvert en avril 2015, qui n’est toutefois pas encore juridiquement contraignant.

États-Unis : des activistes cibleront six régions clés du développement des combustibles fossiles dans tout le pays du 12 au 15 mai. Ces activistes s’attaqueront notamment aux nouveaux oléoducs transportant des sables bitumineux du Midwest lors d’une action qui se déroulera près de Chicago ; à la fracturation hydraulique dans les États des Rocheuses à travers un événement en périphérie de Denver ; aux « trains explosifs » transportant du pétrole et du gaz obtenus par fracturation hydraulique vers un port d’Albany (New York) ; à la pollution dévastatrice de la raffinerie de Shell et Tesoro située au nord de Seattle ; au forage en haute mer dans l’Arctique, l’Atlantique et sur la côte du golfe du Mexique lors d’une action à Washington ; et à de dangereux forages pétroliers et gaziers à Los Angeles.

DÉCLARATIONS:

« En soutenant des campagnes et des actions de masse visant à bloquer les projets de combustibles fossiles les plus dangereux de la planète (qu’il s’agisse de centrales à charbon en Turquie et aux Philippines, de mines en Allemagne et en Australie, de la fracturation hydraulique au Brésil ou de puits de pétrole au Nigéria), Libérons-nous des énergies fossiles a pour but d’en finir avec le pouvoir et la pollution de l’industrie fossile et de mettre le monde sur la voie d’un futur durable.» May Boeve, directrice administrative de 350.org  

« Jamais une vague d’actions aussi vaste et coordonnée n’avait été organisée pour contrecarrer l’intention de l’industrie fossile de surchauffer notre Terre et accélérer l’avènement du monde juste, équitable et durable qui se profile désormais. Au cours de cette année qui s’annonce comme la plus chaude dans les annales, nous comptons bien intensifier la pression politique sur les pires pollueurs de la planète. » Bill McKibben, cofondateur de 350.org

« Les communautés aux premières lignes du changement climatique n’attendent pas que les gouvernements prennent les choses en main. Elles passent à l’action de manière audacieuse et le reste du monde doit les écouter. Sans les millions de personnes qui ont lutté pendant des années pour la justice climatique, l’accord de Paris n’aurait pas été possible. À présent que les gouvernements se sont engagés à passer à l’action, nous devons veiller à ce qu’ils respectent tant la réalité scientifique que leurs propres promesses. La seule façon de survivre au changement climatique est d’assurer une transition rapide et socialement juste vers une énergie 100 % renouvelable, en renonçant à exploiter le pétrole, le charbon et le gaz. » Jennifer Morgan, directrice administrative de Greenpeace International

« Il est temps de lancer une transition énergétique citoyenne qui ne se contente pas de passer d’une source d’énergie à une autre, mais qui s’attaque aux causes premières de la destruction de la nature et des injustices sociales : la puissance des entreprises qui n’ont en tête que leurs profits. » a déclaré Hannah Eichberger, membre de cette alliance de terrain contre le charbon

« Des communautés de toutes les Philippines exigent que le gouvernement annule tous les projets, permis et chantiers de construction de nouvelles centrales et mines à charbon dans le pays et prenne des mesures décisives pour démanteler les infrastructures existantes. Nous devons prendre des mesures ambitieuses afin de nous libérer des énergies fossiles et de toutes les sources d’énergie nocives. Une transition complète vers les énergies renouvelables est non seulement possible, mais urgente. » Lidy Nacpil, coordinatrice du mouvement APMDD (Asian Peoples Movement on Debt and Development) et co-coordinatrice de la campagne Global Campaign to Demand Climate Justice

« Libérons-nous des énergies fossiles est un plaidoyer pour la vie et pour la planète. L’accord de Paris signé par les dirigeants du monde n’a pas tenu compte du fait que la consommation des combustibles fossiles est la première cause du réchauffement climatique. Lors de ces actions, des citoyens de toute la planète démontreront la nécessité de mettre fin à notre dépendance aux énergies fossiles. Au Nigéria, nous exigerons par ailleurs haut et fort le nettoyage de la pollution extrême générée par les activités des compagnies pétrolières dans le delta du Niger. » Nnimmo Bassey, activiste nigérian de la Health of Mother Earth Foundation.

« L’humanité se trouve à la croisée des chemins et doit faire un choix : poursuivre sur la voie délétère de l’extraction des combustibles fossiles ou assurer la transition vers des modes de vie durables. Nous avons besoin de projets ambitieux d’énergie renouvelable et non de davantage de pipelines transportant du pétrole issu des sables bitumineux. Ces pipelines ne bénéficient pas du soutien des populations locales ni des peuples autochtones qui en subiront l’impact. Si le Canada continue de bâtir des infrastructures de combustibles fossiles, il faillira à sa promesse de contribuer à juguler une crise climatique mondiale dont les effets se font déjà sentir par des communautés de toute la planète. » Melina Laboucan-Massimo, Première Nation de Lubicon Cree, membre de l’équipe Climat et Énergie de Greenpeace Canada et du conseil de 350.org

« Le mouvement climatique m’inspire un enthousiasme et un optimisme extraordinaires dans sa course contre la montre. Les actualités climatiques se succèdent à un rythme étourdissant et elles donnent la chair de poule. Notre mouvement est solide, mais il doit encore gagner en vigueur. » Naomi Klein, journaliste et auteure primée

« Le pouvoir citoyen dans nos villes et nos villages et aux premières lignes du changement climatique a conduit à la signature d’un accord climatique mondial. Nous n’en restons toutefois pas là : une action plus puissante et plus rapide est nécessaire. La société civile est prête à monter une nouvelle fois au créneau, à lutter pour que nos sociétés se libèrent des énergies fossiles et à faire accélérer une transition socialement juste vers des énergies 100 % renouvelables.» Wael Hmaidan, directeur du Climate Action Network

« Les centrales à combustibles fossiles sont un fléau pour les populations et les écosystèmes à l’échelle locale et en raison de leur rôle prépondérant dans le changement climatique, elles menacent également les pays concernés et le reste de la planète. Il est immoral de faire porter aux générations futures le poids des choix énergétiques absurdes d’aujourd’hui.  Il est temps de tourner la page des combustibles fossiles. » Monseigneur Ramon Arguelles, archevêque de l’archidiocèse catholique romain de Lipa aux Philippines.

 

PERSONNE À CONTACTER:

 

Hoda Baraka, directrice mondiale des communications pour 350.org, hoda@350.org, +1-347-453-6600

 

Melanie Mattauch, coordinatrice des communications européenne pour 350.org, melanie@350.org, +49-151-5812-0184

 

NOTES À L’ATTENTION DES RÉDACTEURS :

 

Vous trouverez des informations additionnelles, ainsi que des réponses aux questions fréquemment posées et des contacts medias pour chaque actions dans notre dossier média Break Free.

 

PHOTOS ET VIDÉOS (à actualiser tout au long de la vague d’actions Libérons-nous (« Break Free »):

Photos disponibles ici : breakfree2016.org/pressphoto

Pour les vidéos : breakfree2016.org/pressvideo

 

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